Le 04 sept. le mer 11h et du 10 au 28 sept. le weekend.

Félicien JACQUES!Sans doute l’artiste qui a le mieux décrit la Gaume.En un temps où la photographie locale ne s’intéressait guère qu’aux rues de villages ou aux monuments, le peintre,originaire de Sainte-Marie sur Semois,est en effet l’auteur de très nombreux tableaux qui décrivent ici des coutumes campagnardes,là des intérieurs ou des métiers d’artisans.On voit des fileuses au travail dans le «pèle» d’une maison,des laboureurs dans les champs,la méthode de fabrication du pain,ou la Déclaration de Guerre de 1914.
Y a-t-il dans son œuvre une dimension artistique profonde?Après des études à Saint-Luc (Bruxelles) il fréquenta l’Académie de Beaux-arts,sous la houlette de Jean-François PORTAELS,tout comme son compatriote gaumais Nestor Outer.Comme lui,il devient professeur de dessin,mais à Arlon,puis il voyage.Puis comme Outer,mais définitivement, Félicien Jacques est rentré dans sa région natale,oeuvrant et se distinguant parmi les siens avant tout par son talent,si particulier à leurs yeux d’artisans ou de cultivateurs.
N’a pas qui veut ou qui voudrait la notoriété de son congénère ou d’un Camille Barthélemy.Toute la production de Félicien Jacques près de 400 toiles!Suit un long et solitaire chemin dans l’ombre.Il n’est donc pas un peintre «(re-)connu du grand public» et ce d’autant plus qu’une modestie ou une fausse lucidité ne l’incita à vendre presqu’aucune de ses œuvres.Celles-ci restèrent dans sa famille,passant à son fils Alix,religieux à l‘abbaye de Rochefort,puis nombre d’entre elles au Musée gaumais.Mais l’intérêt du travail n’est pas tant dans la qualité picturale néanmoins tout à fait honorable que dans le registre de son inspiration.Avec lui,on est ainsi reporté avec une sensibilité et aussi une naïveté touchante dans la simple beauté des gestes et des intérieurs d’autrefois.Nous retrouvons l’atmosphère chaleureuse d’une veillée au coin de l’âtre,d’une parlotte près du métier.Le vent léger soulevant les fétus de la moisson nous caresse le visage,tandis que bruissent à nos oreilles les murmures des chemins de campagne.Le «malbrouk» fait retentir sur le pavé le fer de ses roues magistrales,et sous le ciel bleu tendre,les «hâlètes» féminines recréent comme un nuage de «blancs-bounets».L’armoire de chêne grince doucement tandis que l’horloge ancestrale rythme les heures du jour.Félicien Jacques est un poète.Dans son approche simple mais précise et attachante de nos collines et de nos lieux,il rejoint nos auteurs gaumais du passé:un Francis André,un Marcel Moreau,un Albert Yande et,plus près de nous,un Jean Mergeai ou un Jean-Luc Geoffroy.
2019 marque le centenaire du décès de l’artiste,né en 1866, et qui ne survécut pas à la grippe espagnole au sortir de la Première Guerre.Pour retrouver la personnalité de cet homme à jamais rare et peu visible,le Musée gaumais,détenteur de nombreuses toiles,a donc jugé utile de s’associer la Commune d’Etalle qui accueille et co-organise cette exposition rétrospective en hommage à l’artiste.

Informations pratiques

Entrée gratuite Gratuit le 1er dimanche de chaque mois Exposition:Ancienne Justice de Paix d’Etalle (à côté de la Bibliothèque),6 rue du Moulin, 6740 Etalle Vernissage:le 04 septembre à 11h Visites guidées-Journées du Patrimoine:les 07-08 septembre Visites libres du 10 au 28 septembre (et sur demande jusqu'au 31 octobre) aux heures de la Bibliothèque Evocations également au Musée gaumais à Virton,au sein des collections de traditions populaires – Entrée au Musée:gratuit (-12 ans et membres du Musée)–5 euros (étudiants, seniors et groupes)–7 euros(prix plein) Visites guidées pour groupes sur simple demande