Les ruines du château des fées de Mortehan a une longue histoire derrière lui. Pour comprendre l'évolution de ce promontoire rocheux, il faut retourner à l'époque gallo-romaine, dates de la premières fortification.
La Semois et ses affluents ont créé dans la roche schisteuse des sites propices à l'aménagement de refuges pour les populations celtiques, romaines et autres. Le site forme un éperon enserré dans le confluent de deux ruisseaux et il est détaché de la crête principale par un vallon sec qui relie les deux vallées.
Des travaux archéologiques sont menés en 1972 et permettent de sortir de terre les vestiges d'une fortification qui servait d'endroit stratégique pour le contrôle d'une voie naturelle nord-sud (le plateau de Recogne). L'entrée, les murailles d'enceinte, un donjon et les vestiges d'un habitat sont révélés. La fortification dessine un ovale, dont l'intérieur s'étageait en plusieurs terrasses.
On distingue trois périodes d'aménagement successif. Le premier correspond à une palissade en bois indatable. Ensuite, l'endroit est soutenu par une enceinte probablement romaine de pierres sèches empruntant le tracé primitif de la palissade et une tour massive (IIIe et IVe siècles). Enfin au XIe et XIIe siècles, un vaste donjon et une consolidation de la muraille sont réalisés.

Le site a donc été occupé pendant plusieurs siècles. Les objets découverts datent de l'époque gallo-romaine et s'étalent jusqu'aux XI-XIIe siècles. Les archéologues pensent qu'à l‘époque gallo-romaine, cette fortification pouvait être défendue par des troupes barbares, les Lètes, établies sur cette région jusque Yvoix-Carignan vers la fin du IIIe siècle par l'empereur Maximien Hercule.
Au XVIIIe siècle, le site devient un redoute (système de fortification consistant en un emplacement fortifié défensif à l'extérieur d'un fort plus grand) à la demande de Louis XIV en 1706. Il fait partie d'un ensemble d'ouvrages de défense le long de la Semois comme le château de Liresse à Vivy ou la Poivrière à Florenville. Les 28 postes sont notamment nommés dans un mandement du Roi Soleil de 1706 et conservé aux Archives nationales à Paris.