Classement

Construite en 1729 sous l'abbatial de Célestin De Jong, cette aile de l'ancien complexe abbatial visait à auréoler le monastère d'un prestige sans égal et à offrir un gîte digne de leur rang aux invités de marque des abbés.
Les travaux de rénovation de la Cour d'honneur entrepris depuis une bonne décennie visent à rendre au quartier un aspect proche de celui d'origine. Actuellement il abrite le Service des Archives de l'Etat et le Service de Diffusion des Affaires Culturelles de la Province.

Au VIIème siècle, une donation de Pépin de Herstal et de son épouse Plectrude permit à une communauté religieuse dirigée par Saint Bérégise de s'installer dans une clairière de la forêt ardennaise à Andage.
En 817, l'Evêque de Liège WALCAUD installa les moines bénédictins dans l'abbaye qu'ils dirigèrent jusqu'en 1797. En 825, le Pape accorda à l'Evêque de Liège l'autorisation de transférer à Andage le corps de Saint Hubert, évêque de Liège et successeur de Saint Lambert.
Dès lors, Andage devenu Saint-Hubert connaîtra un rayonnement extraordinaire en Europe.

L'Abbaye moteur du développement de Saint-Hubert1. L'abbaye, centre religieux et administratifLa croissance de Saint-Hubert est incontestablement liée au fait que l'abbaye devint un important centre de pèlerinage où de nombreux fidèles invoquaient le saint patron comme guérisseur et protecteur contre la rage. Son culte s'étendit jusqu'à l'Espagne et l'Autriche. Grâce à ces foules toujours plus nombreuses, la renommée et l'abondance assurèrent la prospérité de l'abbaye durant plusieurs siècles.L'abbaye, comme de coutume à cette époque, était aussi pouvoir temporel et donc au centre d'un domaine étendu appelé 'Terre de Saint-Hubert'. Celle-ci formait une seigneurie indépendante de plus de trente villages dont l'abbé détenait toutes les prérogatives. Cette terre de prospérité, à la croisée d'axes Nord-Sud et Est-Ouest importants, fut de ce fait aussi terre de conflit entre les puissances de l'époque. Ainsi en plus des 'traditionnels' incendies qui régulièrement ravageaient les cœurs de ces villes de bois, on relèvera le passage destructeur des Huguenots français au XVIème siècle (événement qui entraîna la perte définitive des reliques du saint). Jusqu'à sa disparition, ce pouvoir essayera en vain d'être également plus politique.Ainsi, le monastère puis l'abbaye, organisait et développait l'exploitation de biens et de terres dans son domaine, achetait et vendait, attirait bon nombre de marchands, d'ouvriers, d'artisans, devenant de facto le moteur de la croissance hubertine.2. L'abbaye, moteur commercialEn conséquence, des marchés et des foires prospérèrent très tôt dans la cité (9ème et 10ème siècle). Un marché hebdomadaire fut même organisé par le Duc de Bourgogne, suzerain du lieu, dès le XVème siècle.Preuve d'un dynamisme toujours grandissant, vers 1680, l'abbé Cyprien Maréchal fit rédiger une coutume dans laquelle était prescrit qu'il y aurait un marché le mercredi et le samedi de chaque semaine. En 1769, un marché hebdomadaire et cinq foires se déroulèrent 'au borcq' prouvant ainsi l'importance du trafic régional passant par Saint-Hubert.En soutien de ce qui précède, il faut dire que depuis toujours la cité ardennaise se trouvait bien située sur le maigre réseau routier traversant cette contrée. Ainsi la superposition des possessions hubertines et des circulations existantes explique que cette localité, guère plus grosse que les villages environnants, accueillit beaucoup de visiteurs qui n'habitaient pas toujours près d'elle mais aussi polarisa très tôt commercialement et spirituellement l'Ardenne occidentale. Toutes les routes importantes y passaient pour s'y croiser à la place du Marché, privant ainsi tout pôle concurrent potentiel du transit nécessaire à l'établissement d'une activité commerciale.Ainsi la route reliant Liège à la Haute-Meuse 'dont les étapes de Saint-Hubert, Villance, Paliseul et Bouillon jalonnent un itinéraire qui aboutit à Mézières'.Elle fut dès le XlVème siècle un axe très important car il permettait aux voyageurs de commerce qui se dirigeaient vers Luxembourg d'éviter de payer les taxes douanières aux Pays-Bas. Ce n'est que bien plus tard et par combinaison de divers événements de politique internationale et locale, comme nous le verrons, que ce quasi monopole prendra fin.3. L'abbaye, moteur culturelL'abbaye contribua également à attirer bon nombre d'artistes et d'intellectuels dès le XIème siècle. Un atelier de copistes et d'enlumineurs y était florissant. Son école produisit de nombreuses œuvres grâce à ses moines, ses littératures ou ses savants archivistes. La botanique, la pharmacie et la médecine y tiendront une place importante.En sus, une multitude d'artistes, musiciens, architectes, sculpteurs, peintres dont les Redouté sont les plus connus, furent attirés dans la cité pour la rénovation des bâtiments abbatiaux au XVIIème siècle.Il y eut également de nombreux artisans dont des orfèvres, des maîtres-verriers, des ferronniers-serruriers qui furent séduits par la splendeur de l'abbaye.Il n'est donc pas étonnant que, possédant la meilleure bibliothèque du pays, une longue tradition d'enseignement y débuta dès le Xlème siècle.Vers 1055, deux écoles fonctionnaient à Saint-Hubert : une à l'intérieur du monastère formait les novices, l'autre à l'extérieur accueillait les garçons de la ville. Vers 1774, un collège fut créé par Dom Spirlet, dernier abbé. Il connut rapidement du succès et sa réputation se répandit jusqu'à des localités lointaines. En 1780, l'enseignement primaire fut assuré par des Frères des Écoles Chrétiennes et un projet (avorté) d'école moyenne pourvue d'un pensionnat pour les internes fut mis en place.4. L'abbaye, moteur industrielL'abbaye connut aussi une période d'activités industrielles. Elle possédait en effet de nombreux bois (combustible), exploitait une potasserie et son sous-sol en certains endroits était 'riche' en divers métaux.Ainsi, vers 1768, Dom Nicolas Spirlet créa un des principaux pôles industriels du Luxembourg au départ d'une pré-industrie déjà existante.Les diverses rénovations et embellissements des bâtiments avaient mis les finances abbatiales à mal et le dernier abbé de Saint-Hubert espérait de cette manière les remettre à flot.C'est ainsi qu'il fit se développer usines, scieries, brasseries, tanneries et moulins tout en préservant les nombreux bois qu'il possédait en ne faisant charbonner que le strict nécessaire.A cette époque, l'industrie métallurgique connaît un essor remarquable et sur le domaine abbatial, tous les éléments nécessaires à l'installation industrielle sont réunis : le charbon fourni par les bois, les ruisseaux et les rivières assurent la force motrice, le minerai y est abondant. Ainsi, un maka, une platinerie et une fenderie furent installés à Poix près de la grande scierie déjà installée quelques années auparavant.Une forge et une fonderie viendront compléter ce complexe industriel.Par la suite des prospections révélèrent la présence de riches filons de minerais de fer dans la forêt de Saint-Michel et c'est ainsi qu'en 1771, le fourneau Saint-Michel vit le jour constituant 'un ensemble complet de bâtiments industriels : halle de coulée, soufflerie, gueulard d'enfournement, halle de charbon de bois, parc à minerai, crassier, canaux, biez, étangs, etc.'.Cependant cette activité ne fut pas florissante car 'la production du fourneau s'avéra vite irrégulière en quantité et qualité' et dès 1774, il y eut arrêt de la production. En 1778, un nouveau débouché apparaît et relança l'activité de la forge : la guerre entre l'Angleterre et ses colonies d'Amérique du nord. 'L'Abbé-métallurgiste' devint marchand de canons pour les insurgés américains malgré la mauvaise qualité de ses produits. Cette guerre cessa en 1784 et Dom Spirlet renonça alors à la forgerie.(Sources TEXTE: R.U. Saint-Hubert - Idelux - S.G.I. 1987)La légende de Saint-HubertIl y a plus de douze siècles disparaissait l'évêque Hubert et l'histoire laissait alors peu à peu place au mythe et à la légende. Ce noble aquitain d'origine devint évêque de Maastricht, grand évangélisateur, guérisseur de la rage, fondateur de la ville de Liège, patron des chasseurs et laissa son nom au centre spirituel de l'Ardenne.Le palais faisait anciennement partie du quartier abbatial de l'abbaye de Saint-Hubert dont l'origine remonte à la fin du 7ème siècle. Après une histoire tourmentée faite de destructions, d'incendies et de pillages, le quartier abbatial est rénové dans le style classique de 1729 à 1731. La construction de cette résidence à la française, datée de 1729 sous l'abbatiale de Célestin de Jongh (1727-1760) avait été décidée dès 1725-1726, du temps de son prédécesseur Dom Clément Lefèbvre (1686-1727). Développement et réunion de deux ailes du XVIIème siècle, avec application d'une façade classique et U et modification des toitures dardoise.- L'avant-corps avec ou sans attique sont nommées de frontons l'un courbe, les deux autres triangulaires.- Les portes fenêtres du rez-de-chaussée se terminent par un arc en plein cintre. Celle de l'étage, sommés d'un fronton comme les fenêtres sont pourvues d'une garde corps en fer de style Louis XIV. Le tout en briques peintes, calcaire, pierre de France et marbre.la Vierge (et le Soleil levant), le Christ (et le Soleil couchant) et l'Homme.- Grille polychrome orientée selon l'axe Est/Ouest de la course du Soleil.- Pilastres de la grille symbolisant le calendrier lunaire romain.- Cour d'honneur pavée ornée de deux fontaines.- Frontons bleu, rouge et gris symbolisent respectivement Sous le régime français, en 1796 et 1797, l'abbaye et ses dépendances sont vendues par l'administration des biens nationaux.Actuellement, il abrite le Service des Archives de l'Etat et le Service des Affaires Culturelles de la Province. Il est ouvert au public lors des expositions.Des travaux de rénovation terminés en 2003 ont rendu au palais son aspect d'origine et témoignent d'une certaine symbolique voulue par Célestin de JongMonument classé par Arrêté Royal du 22-02-1938 et arrêté du Gouvernement de la Région wallonne du 04-07-1990.Monument classé "Patrimoine Majeur de Wallonie".

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Agenda

Exposition : "D'avance à rebours"

En avant, y a pas d’avance ! Pierre Alechinsky 1976
Fort de cet aphorisme très belge, en terre de Luxembourg c’est l’ardeur qui est d’avance. L’objet de cette double exposition implantée sur deux sites patrimoniaux de la province, le Fourneau Saint-Michel et le Palais abbatial de Saint-Hubert, c’est justement de jouer sur les mots. D’avance : le futur, à rebours : le patrimoine.

Cette double exposition propose une interaction entre la création plastique contemporaine et les espaces naturels et patrimoniaux du Musée de plein air du Fourneau Saint-Michel et du Palais abbatial de Saint-Hubert. Disséminées et intégrées de façon pertinente sur les sites, tant en extérieur que dans certains bâtiments, les oeuvres et installations présentées « renouvellent le regard » sur les lieux. Sculptures, photographies, installations, vidéos … de multiples oeuvres fruits des démarches de création de 13 artistes confirmés certains issus de la province, d’autres internationaux. En écho aux sites, une balade au travers 13 regards plastiques liant le présent et le patrimoine.

Jean-Paul Couvert / Edmond Dauchot / Pierre Fraenkel / Rohan Graeffly / Stéphane Kozik / Christine Mawet / Carole Melchior /Daniel Michiels / Gauthier Pierson / CHarles-Henry Sommellette / Rémi Tamain / Nicolas Tourte / Hugues Vanhoutte

Outils de médiation : Un carnet de visite pour enfants « Parkours Ludik » et une application téléchargeable pour une visite virtuelle augmentée : « guidigo » Palais Abbatial de Saint-Hubert – Expositions.

Entrée gratuite.

Horaires

Du 13 juil. au 14 oct. les mar, mer, jeu, ven, sam et dim de 13h à 17h