Le point de vue de "Thibeauroche", dominant un gouffre de légende appelé "Tonfosse", permet de dominer les villages de Cugnon et de Mortehan, reliés au centre par le pont de Cugnon.

C'est tout à côté que les moines d'Orval avaient établi une grange, qui porte toujours le nom de ferme de Thibeauroche, appartenant à la famille Poncin.

A deux cents mètres au nord de la ferme de Thibeauroche, ancienne propriété de l’abbaye d’Orval avant la Révolution française, s’avance dans le versant oriental de la boucle de la Semois où débute la presqu’île du Fayet (du Jambon) une roche d’où l’on découvre un paysage que baigne la rivière généreuse unissant par un pont les villages de Mortehan et Cugnon.
Deux mille ans d’histoire se déploient sous nos yeux ébahis en commençant par la gauche : sur le sommet du plateau du Fayet, l’on retrouve les restes des fortifications du Trinchi datant de la période de la Tène finale, cent ans avant notre ère. On dit que l’armée romaine y aurait séjourné et que Labienus, lieutenant de César, y aurait combattu victorieusement Indutiomar, le chef des Trévires.
On y accède par un gué appelé gué Latour ou encore le gué de la Forteresse, en souvenir d’une forteresse de plaine qui avait pour mission la protection du passage à gué durant tout le Moyen Âge.
En remontant la Semois, nous arrivons sur la place Chanoine Pierlot, bordée au nord par l’hôtel des Roches, ancienne prison de la seigneurie de Cugnon. En face, l’église St-Rémi, de 1780, classée, entourée par le vieux cimetière que clôture l’antique mairie doublée d’une salle de justice dont la réputation n’était pas flatteuse. Dans un proverbe, l’on dit en effet : « Du vin de Mouzon, du pain de Bouillon et de la justice de Cugnon, délivrez-nous, Seigneur ! ».
Le château date de la famille allemande des Loëwenstein-Wertheim qui avait succédé aux seigneurs de Cugnon en tant que comtes de Luxembourg. Il appartiendra à la famille Pierlot, propriétaire d’ardoisières, dont un représentant, Hubert Pierlot, sera premier ministre durant la seconde guerre mondiale et est enterré au cimetière de Cugnon.
Près du pont, l’ancien moulin à eau du XVIIe siècle, dont la roue à aubes a été restaurée. En amont, à hauteur du barrage, la ferme du château rayonne la lumière du soleil couchant.
Au coude de la Semois, la noue des Ilions est un lieu privilégié de la reproduction de la perche et du brochet. De l’autre côté de la rivière, le vieux cimetière de Mortehan comporte des pierres tombales en ardoise des XVIIe et XVIIIe siècles. Les deux villages possèdent de nombreuses fermes du XVIIIe siècle, classées.

Source: Groupe de travail Roches et Rochers sous coordination de Contrat Rivière Semois - Chiers