La réserve se situe sur des terrains formés dans des
sédiments déposés au fond d'une mer présente il y a
150 Ma. Ceux-ci consistent en d'épaisses couches de sable riche en débris de coquillages et présentant un contenu en calcaire important, entrecoupées de fines couches d'argile.

La réserve présente trois types de milieux caractéristiques :
• le pré de fauche fleuri
• la tourbière basse alcaline
• la carrière de grès

LE PRÉ DE FAUCHE FLEURI
Depuis des siècles les hommes ont pratiqué l'élevage extensif en nourrissant le bétail au moyen de foin. Les herbages pauvres parvenant à maturité, au début de l'été, la fauche se faisait après les floraisons. Le nectar des fleurs alimentait une série d'insectes qui à leur tour nourrissaient nombre d'oiseaux. L'intensification agricole, initiée dans les années cinquante, a vu l'arrivée des engrais chimiques ainsi que du maïs, plante exotique qui produit 4 x plus de matière qu'un pré de fauche.
Une même surface permet donc de nourrir plus de bêtes, qui produisent plus de fumier et de lisier à épandre. Les
prés sont depuis fauchés plus tôt, parfois dès le début du mois de mai, c'est-à-dire bien avant que les plantes à fleurs n'aient pu fleurir. Ils peuvent de même faire l'objet de 3 à 4 coupes par an, empêchant de nombreuses espèces animales de réaliser leur cycle de reproduction. La conséquence est une régression généralisée des floraisons, ainsi que des insectes et des oiseaux des milieux agricoles.
Les milieux de la conservation de la nature s'attachent à sauver ces biotopes. Une solution est de reconstituer des prés
extensifs au départ de forêts récentes. Les prés de la réserve de Meix constituent un des premiers essais dans ce sens ; ils
ont été installés après coupe de pin et d'épicéa, brûlage des branches, broyage des souches et semis de graines de plantes à fleur. Depuis, ils sont gérés traditionnellement par fauche tardive et sans apport d'aucun engrais.

LA TOURBIÈRE BASSE ALCALINE

On y retrouve une végétation typique à base de laîches, adaptée au caractère calcaire des eaux. Le milieu ainsi formé s'appelle une « tourbière basse alcaline ». Par endroits l'accumulation de végétation au cours du temps a pu former une couche de tourbe épaisse de plusieurs mètres. Au cours des siècles les hommes ont respecté ce milieu qui fournissait une litière idéale pour les étables. Chaque famille venait récolter sa parcelle de laîche avant l'hiver. Le marais a donné son nom au village ; Meix venant du mot « Meiche », signifiant « pré humide» en patois gaumais. Après la seconde guerre, la généralisation du tracteur a permis le transport de paille en quantité pour liter les étables. Les marais ont donc été abandonnés. Après l'acquisition de la réserve fin 1990, l'objectif premier a été de rendre au marais son caractère ouvert ; des travaux de déboisement ont été réalisés. La gestion de la végétation a été confiée à du bétail de race Galloway
(origine écossaise) qui se contente d'une végétation coriace et pauvre. Son sabot est adapté à la circulation en milieu tourbeux et humide.

LA CARRIÈRE DE GRÈS

Quand l'homme a occupé la région il en a extrait les pierres et le sable nécessaires à ses constructions. Tout autour du village on retrouve ainsi de petites carrières. Les milieux ainsi créés ont profité au cours du temps à une flore et une faune spécifiques. Citons en particulier des insectes, dont des guêpes et abeilles solitaires. Celles-ci creusent dans les couches de sable bien exposées une galerie, au fond de laquelle elles enfouissent un oeuf. Une fois la galerie refermée c'est le
sable chauffé par le soleil qui en assure la couvaison. Au point de vue de la végétation on retrouve plusieurs espèces plus couramment rencontrées en montagne, comme la Jasione ou de petits oeillets sauvages. Les anciennes carrières ont été abandonnées suite à l'évolution des techniques de construction et se sont reboisées naturellement. Mais à l'ombre des arbres, les parois privées de soleil n'ont plus permis la reproduction de leurs hôtes, qui par conséquent se sont mis à
régresser dangereusement. Le déboisement de la carrière pour en remettre les parois au soleil ainsi que le pâturage au moyen de chèvres et moutons afin d'empêcher un retour spontané des semis de saule et de bouleau ont été mis en place.