Le brame du cerf

Le brame du cerf dans les forêts d’Ardenne

Le brame ? Ce mot magique a en réalité deux significations. D’une part, il définit le cri du cerf en rut durant sa période de reproduction. D’autre part, il est utilisé pour cette même période de l’année qui démarre mi-septembre et se termine mi-octobre.

Un instant privilégié et une rare émotion

Grosso modo un mois durant, le cri rauque des grands boisés retentit dans le massif forestier ardennais. Ce moment, apprécié tant par les Luxembourgeois que les touristes, mérite explications et précautions.

C’est quand l’automne pointe le bout de son museau que la nervosité s’empare des cerfs. Dès que suffisamment de biches sont réceptives, les reproducteurs vont tenter de les regrouper pour les saillir. Le cerf étant polygame, les biches attirent la convoitise de plusieurs mâles. Les cerfs se jugent dans un premier temps en donnant de la voix. S’ensuit un contact visuel. Ils se jaugent et il est fréquent que le dominé s’en aille sans oser le moindre affrontement. S’ils s’estiment de force égale, ils se battent avec ce bruit caractéristique des claquements de leurs ramures qui s’entrechoquent. Cet instant privilégié est un moment fort de la vie dans la forêt ardennaise. Entendre le cri du roi de la forêt procure une rare émotion. Aller écouter bramer les cerfs ne présente néanmoins pas de réel danger à condition de prendre quelques précautions comme éviter de trop s’approcher. A moins d’une centaine de mètres, on peut très bien observer les cerfs sans risques. Mieux vaut par contre éviter les lampes de poche, les bruits inopportuns comme le claquement d’une portière de voiture ou la sonnerie d’un GSM… Ou encore les parfums forts et l’odeur du tabac car le cerf possède un odorat très développé. Un cerf dérangé quittera les lieux et s’en ira bramer ailleurs.

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Photos : © Gérard Jadoul

Promenades accompagnées et zones libres

L’idéal pour apprécier le brame est de se le faire expliquer et se faire accompagner ensuite sur le terrain. A défaut, il existe des zones connues pour accueillir les cerfs en rut.

A titre d’exemple, le CRIE du Fourneau Saint-Michel organise depuis de nombreuses années des balades encadrées afin de préserver la quiétude des animaux et obtenir une écoute de qualité. Avant de se rendre sur le terrain sont proposés un exposé avec photos et vidéos sur la vie du cerf avec des réponses à toute une série de questions : pourquoi le cerf est-il si populaire? Qu’est-ce que le brame ? Pourquoi les bois tombent-ils chaque année ? Quelle est la différence entre des bois et des cornes ? Le cerf reste-t-il toute l’année au même endroit ? … De nombreux hôteliers et restaurateurs invitent leurs clients à aller écouter bramer, le plus souvent en compagnie d’un guide nature ou un garde-chasse.

En dehors de ce cadre, il existe en Luxembourg belge une dizaine de zones d’écoute libre du brame dont la N889 entre Champlon et Nassogne, le site de la Converserie le long de la N89, la forêt du Roi Albert en face de l’aérodrome de Saint-Hubert et aux abords de celui-ci, entre Libramont et Libin (N40), les abords du Domaine des Amerois entre Florenville et Bouillon, la forêt d’Anlier, la plaine de Vlessart et près de Martelange, le Ban d’Alle entre Corbion et Sugny,… Petit conseil : les soirs de pleine lune et les périodes de gelée sont, à entendre les spécialistes, plus favorables à une bonne écoute du brame. Et même si ce bruit peut s’entendre à toutes les heures, celles du matin très tôt et du soir très tard, restent les plus propices. A bon entendeur…

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Photos : © Gérard Jadoul

 Des packages spéciaux pour écouter le brame du cerf

De nombreux hôteliers ont confectionné des forfaits touristiques spéciaux pour la période du brame.

Photos de la page : © Gérard Jadoul